Littérature

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29 juil. 2009

« Quand on aime manier la langue, on trouve du plaisir dans le droit » Bernard Shlink

Le Liseur

Bernarc Schlink
Stephen Daldry
 
Tout le monde connait ou a déjà entendu parler de Bernard Schlink ? Ce romancier allemand contemporain. Une de ses oeuvres les plus connus (et la seule que j'ai lu de lui) : Le liseur. Magnifique livre, histoire passionnante, drame magique et tellement touchant, qui a su remettre en cause une question histoirique. Même si ne lisant pas l'allemand, je n'ai pu découvrir qu'une traduction, j'imagine qu'il doit savoir pas mal manier sa langue. Les pages volent, les phrases glissent, les mots se laissent dévorer. Entre descriptions, juste comme il faut pour se représenter les scènes tout en donnant une place à notre imagination, et histoire qui avance bien, mise en place des personnages et action qui se dévoilent calmement et avec plaisir et envie, ce livre est génial.
Figurez vous que quelqu'un a osé utiliser l'oeuvre de Bernard Schlink. En effet, Stephen Daldry, réalisateur anglais en a fait une adaptation cinématographique. A quoi s'attendre ?! Quelle est la dernière adaptation cinématographique d'un bouquin qui m'a plu ? Shining? La ligne verte ? Et encore, se sont deux films dont j'ai survolé les livres après avec admirer la beauté des images des réalisateurs (Stanley Kubrick et  Franck Darabont).
Pourquoi alors vouloir aller voir ce film ? Curiosité, simplement. Puis c'était un livre tellement beau. Curiosité de voir comment un autre que moi a imaginé et visualisé ce livre. 

Un mot : Beauté. 
Ce film est réjouissant, et ceci d'autant plus que je connaissais le bouquin. Je savais ce qu'il allait se passer, et j'ai pu apprécier d'autant plus ces resplandissantes images.

"La photographie, c'est la vérité. Le cinéma, c'est 24 fois la vérité par seconde." Jean Luc Godart. Repensez à cette phrase dans les plus beaux moments de vos oeuvres cinématographiques préférés. (La Vague, La journée de la jupe, Orange Mécanique, Number One, Locataires... et The Reader aussi !)
Belles images, le montage est pas mal, l'histoire ne va pas à l'encontre de celle du livre mais plutôt l'accompagne, quelques détails sont sautés (2h03 pour représenter un tel livre, c'est bien !) mais tant sont fidèles à l'oeuvre de Schlink. 
 
Je m'y connais pas trop non plus en cinéma, mais mine de rien, je crois que ce film vaut le coup d'être vu. Il a peut-etre moins de mérite dans le fait d'être une adaptation, mais franchement, c'est une adaptation que je trouve très fidèle. Le film que je me faisais du livre en le lisant, j'ai réussi à la retrouver en trop grande parti dans cette oeuvre de Stephen Daldry !
 
Bon film et/ou bonne lecture ! 

30 mar. 2009

«Pour apprendre à boxer il suffit d'une nuit. Il faut une vie entière pour apprendre à combattre.» Alessandro Baricco, City

Novecento : pianiste

Alessandro Barrico

Belle citation de Alessandro Baricco, écrivain Turinois ayant étudié la philosophie et la musique. Beau parcours qui illumine bien ces travaux.
Je suis contente d'avoir pu lire ce livre (cadeau d'anniversaire, merci à Elisabeth).
 
L'histoire est simple : accouchement d'un garçon  bord d'un grand navire qui vogue sur l'Atlantique. A 30 ans, Novecento n'a jamais mis les pieds à Terre, mais connait le monde grace aux voyageurs qui montent et descendent aux différents ports où le navire amarre. Accompagnant les étrangers de sa musique singulière, il rêve de voir la mer. 
Alors qu'il commence à se faire une réputation à l'extérieur, que des gens de partout viennent à bord juste pour l'admirer, l'écouter, ou même le provoquer,  va-t-il un jour quitter son petit monde pour découvrir la mer ? 
 
La fin est innavouable. Ce texte, très court, se laisse dévorer. Mi pièce de théatre mi nouvelle, ce texte a été écrit pour le comédien Eugenio Allegri et le metteur en scène Gabriele Vacis, qui en ont fait un spectacle.

Je vous laisse découvrir cette oeuvre passionnante, frustrante ?

Bonne lecture (musicale) ami(e)s bloggueurs !

27 août 2008

"J'entends effectivement de fins battements d'ailes, rapides mais gracieux." Antoine Maïer

Recette d'une adolescence douloureuse

"si tu voulais dormir plus, tu te coucherais plus tôt" 

Antoine Maïer


Un auteur ; jeune, aux mots qui glissent sous nos yeux.

Un livre qui se laisse donc lire. Un plaisir de lecture je dirais même. On y trouve la vie d'un adolescent, Antoine, racontée par son âme. Sa vie dès ses 17 ans, jusqu'à ses 20 ans. On y lit ses deceptions, ses peurs, ses difficultés, ses amours. On s'y retrouve aussi. Les problèmes de tous les jours, que des adolescents peuvent rencontrés, ainsi que d'autres problèmes plus singuliers, comme chacun peut connaitre. Au delà des moments forts de sa vie, sa conscience nous raconte un peu ses points de vue sur des soupçons de religion, d'état civil, de rencontre avec le racisme. Roman intéressant et bien construit.
Une centaine de pages pour plusieurs chapitres à titre. Ceux-ci sont des "soupçons" de sa vie, à commencer par "...un soupçon d'introduction...".


J'ouvre le livre en deux : page 67 ; page du chapitre sur un soupçon de ras-le-bol. Ici, l'auteur nous livre la suite d'une agression dont il a été la victime, dans une gare, et d'un échange avec un controleur SNCF. Une haine contre ce controleur qui avoue se douter de l'acte commis par ces deux racailles, et qui, tranquillement, explique que la police les retrouvera facilement. Mais Antoine s'en fout. La peur le tenaille. De là, il nous expose un avis commun de beaucoup de personnes, sur la SNCF, ses retards, ses soucis répétés, ses excuses, ...
On remarquera que l'on se retrouve dans beaucoup de choses contées.

Un mélange de vécu et de sentiments mitigés.. de transformation aussi. Voici le synopsis fait de ce livre :
"C'est à travers le journal intime d'Antoine que son âme nous raconte deux ans de sa vie. A travers des petites révoltes et grands combrats, l'auteur nous explique avec simplicité les batailles liées à l'entrée dans la vie adulte. Il perçoit l'adolescence comme une suite d'injustices, de malheurs et d'incompréhensions et nous conte cette fiction en nous projetant au coeur même des évènements.
Sentiments dosés et émotions vécues font ressortir de ce libre une accablante réalité dans laquelle beaucoup pourront se reconnaitre.
"
 

Une oeuvre signée Antoine Maïer, et dont une probable suite se prépare.

20 nov. 2007

"Il est bien rare que le coeur mente, mais on n'aime pas à l'écouter." Denis Diderot.

Jacques le fataliste et son maître

Denis Diderot
 

Autant Diderot a pu être un personnage important et intéressant... autant ses écrits peuvent être dur à lire. Ce qui n'empêche pas qu'ils soient superbes, et qu'ils nous rendent compte de simplicité tant réaliste qu'invisible.
Oeuvre étudiée en Terminale Littéraire, possible de tomber au bac.
Dans ce bouquin, pas mal de passage son magnifique. Magnifique dans le sens ou on sera tenter de relever tout un paragraphe tellement on peut s'y retrouver, et tellement la réalité s'y fait voir. Magnifique dans l'écriture non banale, lisible, compréhensible, et.. agréable quoi.


Un des passages que j'ai apprécié :

"Il vient un moment où presque toutes les jeunes filles
et les jeunes garçons tombent dans la mélancolie ; ils
sont tourmentés d'une inquiétude vague qui se promène
sur tout, et qui ne trouve rien qui la calme. Ils cherchent
la solitude ; ils pleurent ; le silence des cloîtres les tou-
che ; l'image de la paix qui semble régner dans les
maisons religieuses les séduit. Ils prennent pour la voix
de Dieu qui les appelle à lui les premiers efforts d'un
tempérament qui se développe* : et c'est précisément
lorsque la nature les sollicite, qu'ils embrassent un
genre de vie contraire au voeu de la nature. L'erreur ne
dure pas ; l'expression de la nature devient plus clair :
on la reconnait ; et l'être séquestré tombe dans les
regrets, la langueur, les vapeurs, la folie ou le déses-
poir... Tel fut le préambule [d'1 des personnages du roman].
Dégouté du monde à l'âge de dix-sept ans, Richard
(c'est le nom de [son] secrétaire) se sauva de la maison
patenelle, et prit l'habit de prémontré."

* Assertion subversive de Diderot.
 

Pourquoi plu ? Non non, je ne suis pas croyante. Non non, je suis pas athée. Je serais plutôt du genre agnostique. Mais aucun rapport avec la foi. Ce passage, au jour d'aujourd'hui, n'a pas vraiment la mêmeréférence à la société qu'elle avait du avoir à l'époque de ce point de vue là.
Pourquoi plu ? Ne me dîtes pas que vous ne voyez rien en ce très court extrait qui vous attrait ! Si c'est le cas, je le conçois quand même, ne niez pas l'élégance d'écriture.
Ce qui d'ailleurs fait bien dans ce roman, c'est que les deux personnages principaux qu'on suit tout du long, on arriverait à les distinguer sans s'attarder les alinéas qui séparent leurs paroles. Un peu comme dans Les liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos. Dans son épistolaire, Choderlos a un syle différent pour chacun de ses personnages, et sans lire l'auteur des lettres, on pourrait le deviner. Avec Diderot, Jacques et son maître se différencient aussi bien.

"Il est bien évident que je ne fais point un roman, puisque je néglige ce qu'un romancier ne manquerait pas d'employer. Celui qui prendrait ce que j'écris pour la vérité, serait peut-être moins dans l'erreur que celui qui le prendrait pour une fable."

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