Sur scène

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16 juin 2016

“La provocation, quand elle vient de l’artiste, suscite la réflexion.” Elisabeth Badinter

"La provocation est très précieuse, elle est d'ailleurs nécessaire en démocratie" Elisabeth Badtinger

Jérémy Ferrari


Jérémy Ferrari. Fort de son franc-parler, très pince sans rire, et surtout très documenté, les avis sont mitigés sur cette star grimpante du One-Man show français. Que ce soit dans des interviews ou sur scène, Ferrari pourrait représenter ce que le français n'est pas : vrai. N'hésitant pas à balancer des vérités de manière crue mais réfléchie, il se distingue clairement des non-dits, ouïes-dire ou simples mensonges des autres "célébrités". Sans détours, nous avons ainsi pu découvrir une autre facette des religions (Halleluia Bordel). Aujourd'hui, il nous donne l'occasion de regarder le terrorisme autrement (Vends 2 pièces à Beyrouth).

Apparemment intéressé aux faits d'actualités (religions, attentats) mais aussi aux actions politiques de notre pays, Jérémy Ferrari balance ses 4 vérités sans fioriture, et ce qu'on le veuille ou non. Et ça, bah ça séduit, ou ça dérange. Et ce qui est bon, c'est qu'il n'en a rien à foutre ! Personnellement, j'ai pas eu l'occasion de le voir en salle (seulement vu le DVD d'Halleluia Bordel, des passages à ONDAR et des interviews). Ceci dit, quand Le Journal Du Dimanche (lejdd.fr) écrit "des spectateurs quittent la salle, d'autres lui font une standing ovation", ça ne m'étonne clairement pas ! L'ex ministre de la culture Fleur Pellerin décrivait l'esprit français par "humour, impertinence et provocation". Je ne suis pas vraiment d'accord avec elle, je réalise néanmoins que ses termes collent à notre homme. Il y manque seulement l'élégance, l'élocution et la connaissance. 
Classé provocateur, d'accord. A l'humour noir, d'accord. Homme de culot, d'accord. Ce qu'on ne pourra lui reprocher, aimé ou non, est toutefois d'être informé avant de parler. En fait, Jérémy est un citoyen intéressé, qui ouvre sa bouche pour dire ce qu'il pense. Profitant d'un esprit de réparti et d'humour, c'est avec cynisme et tact qu'il traite de sujets sensibles. A ses risques et périls (ouais, c'est quand même dangereux de critiquer le coran, la bible ou le talmud, de narguer des terroristes, et même de défier les politiques et autres institutions), mais pour notre plus grand bien ! Lui-même a dit dans un interview sur vsd.fr "J'ai besoin d'être grisé par le danger sur scène" - ça, on l'avait à pein remarqué... Mine de rien, y en a marre des sujets tabous.

Bon, pour aller jusqu'au bout, j'ajouterai qu'au delà de ses coups de gueules (terme qui ne le rend pas moins pertinent), Jérémy Ferrari est supra engagé. Les thèmes abordés le prouvent :racisme, homosexualité, handicap, pédophilie et tant d'autres. Quand j'ai écrit qu'il était un citoyen qui criait ses pensées, je le répéte ici. Pas de doute que ce gars a pour vocation d'être sur scène, de lutter contre l'hypocrisie sociale, et surtout de nous mettre au pied du mur avec une jolie claquasse dans la figure. On est con, faut bien que quelqu'un nous réveille... 
A nous de faire le reste.

"La provocation est une manière de remettre la réalité sur ses pieds" Bertold Brecht
A bon entendeur !

24 janv. 2016

“Le privilège de l'absurdité est réservé à la seule créature humaine.” Thomas Hobbes

Cie La Grosse B

Spectacle Insert Coin
Spectacle vivant – cirque


Vous êtes vous déjà retrouvé devant un flipper ? Ouais ouais, ce jeu énervant au possible, ou une petite balle minable vous nargue en vous filant entre les doigts. Certains gèrent mieux que d’autre, mais au final, on la perd tous, hein ? Au final, on est vener au possible contre cette satanée balle ridicule. On est vener contre soi-même de n’avoir pas cliqué à temps sur ce bouton latéral. Au final, on en est presque à frapper cette machine sadique. Presque ? Oh, oh. Certains ne se gênent pas non.Mais… vous êtes vous déjà demandé ce que pouvait ressentir cette balle ? A rebondir partout, et se faire éjecter de tout côté sans répit ?

« Mais de quoi elle parle ??! »
Okok, je reprends l’article du début. Reward…

What the **** ?! C’est quoi ce spectacle burlesque, comique, dérangeant ? Ouah, on se calme, trop rapide pour moi, trop fou, trop dingue. Hééé, mais faut arrêter la drogue là ! Oui, l’introduction faisait un peu hors de propos ? Pas tant.

Nous voilà ici avec un joueur de flipper, qui s’est mis à dérailler et frapper cette pauuuvre petite machine qui ne lui avait rien fait. Voilà alors qu’un fou surgit de nulle part débarque, et nous nous retrouvons dans la machine infernale. Ouais : toboggan, bascule, structure tubée difforme. Ambiance à la fois sombre et éclatante. Après le premier fou (tout droit tiré de la famille de Beetlejuice), un autre personnage arrive, puis un autre… au final, une petite troupe se retrouve sur scène : un superman bricoleur, un médecin givré, un loup chantant, un gratteux, et j’en passe. Il y a toujours le jeune mec perdant au flipper. Qui se retrouve coincé là tant qu’il n’aura pas réussi des épreuves. Tous distingués par leurs voix, tics, démarches… et par leurs costumes. Magnifiques, sur mesure, qui caractérisent parfaitement ces farfelues venus d’on-ne-sait-où ! Il y a entre autre une belle leçon de morale sur : arrête de faire fracasser cette balle en tous sens ; tu veux voir ce que ça fait ? Recule, encore un peu… cool, bouge plus. Et là, les cascades s’enchainent ! Hyper dynamique, hyper joussif, les personnages s’envoient en l’air au sens premier du terme en sauts et cascades dans les décors d’un flipper.

Pour ajouter au spectaculaire, la bande son n’est pas là pour déplaire. Du live s’il vous plait, introduit entre les phases de jongle humaine, avec deux musiciens chanteurs. Musique originale expliquant plus ou moins le contexte, mais ajoutant surtout à la folie.

Spectacle dynamique on l’a dit, mais aussi plein de rupture de rythme : entre chant, comédie et cirque. Des références à nos contes, comics et autres films classiques. Ce spectacle est une absurdité culturelle, pour notre plus grand plaisir. En référence au cinéma sans nul doute, je le qualifirai même de spectacle "de genre". Merci. Don’t miss you need to succeed. “You’ll have to go highter !”

Mes mots de la fin ? 
Si c’était à revoir, j’y retournerai sans hésiter.

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