Dossier : Hallucinations collectives 2010

Hallucinations collectives #1

The Loved Ones

Sean Byrne


Violent, gore, immoral ? Oui, ces trois mots représentent clairement le film. Une semblant incestueux, anti-sentimental, voilà en image l'histoire d'une recherche du Prince Charmant sadique par excellence. Le bal de fin d'année ne pourra être vu de la même manière. Dorénavant, ce ne sera plus la peur de tomber sur un homme non gentleman voir pervers. Ici, c'est la crainte d'être repéré par une jeune fille aux allures réservées, mais complétement détraquée ; c'est de famille. 

Accrochez-vous pour supporter ce massacre, cette tuerie -soit dit en passant, très bien fait et qui tire sur un certain esthétisme.

Chapeau bas à Sean Byrne.

___________________________________________

Hallucinations collectives #2

Calibre 9

Jean-Christian Tassy, 2011, 80'


C'est une première mondiale pour ce long métrage, dont le mixage a été terminé la veille ; le 22 pour le 23.

Des idées originales, un film d'action humoristique, sanglant et engagé. Le générique de début est excellent. L'entrée en matière est immédiate. Ne perdons pas de temps ; les éléments s'enchainent. Si on parle des points négatifs : une des scènes finales est très sombre et les plans très rapides. D'autre part, certains passages mettent plus en avant la musique que les voix, les personnages deviennent peu audibles. Le réalisateur l'a reconnu lui-même en fin de film : il a pris des notes pour se remettre dedans et améliorer certains passages.

Quelques mots de Jean-Christian Tassy : un film souhaité "provocateur", "de contre culture", qui fasse "réagir". C'est avec un budget de 10/15 000 euros, coût d'un court-métrage, alloué par la région Midi Pyrénées que ce film a pu être réalisé ; en 45 jours éparpillés sur 2 ans.

Sinon, le sysnopsis est génial, improbable, et clairement bien rendu en images. De très bons plans, un montage intéressant avec quelques arrêt sur image ; pas de passage sans but dans les scènes. Un urbaniste, des pots de vins, de l'abus, de la politique... à travers l'usage de la réncarnation d'une pute dans un flingue, ce film ne peut que sensibiliser.  

Et que dirait l'enfant que nous étions s'il voyait ce que nous sommes devenu ?

___________________________________________

Hallucinations collectives #3

Balada Triste de Trompeta

Alexandro de la Iglesia


Démentiel. Incroyable. Une merveilleuse folie. Film aussi improbable que magnifique, oréolé du prix de la mise en scène et du scénario au dernier Festival de Venise. Avec une entrée dans le film extraordinaire : des rires qui s'accumulent au rythme du générique. J'ai plus qu'adoré ; avant même la toute première scène, j'ai su que j'allais prendre plaisir à voir ce film. Aucun regret, ca n'a pas loupé.

Basé sur la guerre civile d'Espagne, nous nous retrouvons face à des monstres de foire, chacun ayant sa propre personnalité, tous étant cinglés. Surtout ne jamais se laisser dépasser par les évènements : ne pas oublier le fil historique, le colonel et Franco. De la violence, de la tendresse, des rires, de la peur ; voilà les élements principaux sur lesquels reposent ce film.

Un trio de choc, du clown joyeux au clown triste, au souhait de vengeance et hallucinations diverses. Folie meurtrière ou folie amoureuse ? 

Ce long-métrage met en avant une rivalité démoniaque pour l'être aimée, sans omettre un humour noir non négligeable.  

"Une question, je me change ?" "Non, un clown avec une machette, ils vont avoir peur."

___________________________________________

Hallucinations collectives #4

Heartless

Philip Ridley


Heartless, ou l'art de modifier sa perception du monde pour modifier son mode de vie.

Jusqu'au étons prêt à aller pour se faire accepter (physiquement) des autres ? Référence à Gregory Bateson (anthropologue et psychologue) et sa thérapie cognitive : c'est en modifiant la perception de l'univers qu'il aide ses patients à aller de l'avant. Cette théorie s'oppose à la thérapie comportementaliste qui vise à faire agir pour surpasser ses craintes. 
Dans ce film, tout est basé sur le point de vue que l'homme a, sur ses croyances, sur ses limites pour conserver ce qu'il a acquis.
Si le paradis existe, l'enfer aussi, et la terreur de l'existence d'un démon également. Etre invincible qui a besoin de coeur humain frais. Ses victimes sont tuées par ses serviteurs pour qui il a réalisé leur voeu le plus cher.

Heartless.jpg

Très beau film qui jour tant sur la terreur que sur le tendresse ; on en ressort avec une certains remise en question. Des très bons plans, un bon casting. Rien à reprocher à ce film. Juste : accrochez-vous pour le dénouement extraordinaire.

 Heartless3

Je sais qui vous êtes !

___________________________________________

Hallucinations collectives #5

Les nuits rouges du bourreau de Jade

Julien Carbon, Laurent Courtiaud


Film plutôt impressionnant ! Même la bande annonce ne nous dévoile pas son étonnante histoire, ses magnifiques images... 

"Nous avons souhaité vous faire partager nos fantasmes", voilà ce que nous disent les réalisateurs avant de nous laisser face à ce sanglant érotisme. Film d'une beauté, d'un esthétisme extraordinaire, tout en restant bien trash. Pourriez vous vous laisser totalement dominer ? Vous pourriez prendre un pied tellement énorme ! Vous faire toucher, enlacer, lacérer par la magnifique Carrie Chan, réincarnation diabolique de Jade.

Ce long-métrage, tourné à Hong-Kong, est une production franco-hongkongaise. Acteurs et dialogues : français et chinois. Un beau binome.

nuitsrouges.jpg

Je vous sers un Martini Dry ?

___________________________________________

Hallucinations collectives #6

Last Caress

François Gaillard et Christophe Robin


Il y a un de cela, je vous avais fait part d'un article sur le film Blackaria, présenté à l'Etrange Festival 2010. Cette année, les deux réalisateurs de Blackaria ont été sollicités de nouveau pour présenter leur dernier film : Last Caress.

Le mixage a été terminé la veille de la présentation, comme pour Calibre 9. C'est une première nationale pour ce "Glam Gore" aux grandes influences. Des références volontaires (Mario Bava, Sergio Martino...) apparaissent, et dont les sources sont remerciées dans le générique de fin. Pour François Gaillard, le scénariste, le film reprend différentes oeuvres dont il a dû trouver un film conducteur : une peinture, portrait d'une soricère, est recherchée pour son coût inestimable. Concours de cirscontances, l'arrivée d'amis, entraine des meutres dans le manoir. Tout comme Blackaria, l'erotisme, le nu, le désir est mêlé à l'art de tuer, au sang, aux cris. L'ensemble sur une musique électro composée par DOUBLE DRAGON et les Pleureuses. Filmé en full HD -Canon 5D-, il est jugé "cinéma très photographique" par ses réalisateurs. 

Petite équipe, petit budget (même si plus important que Blackaria), pour une oeuvre visuellement magnifique. Beauté et esthétisme mêlés à une puissante violence.

LastCaress--2-.JPG LastCaress.JPG
Equipe familiale, la même que pour Blackaria, avec un peu de monde en plus.
Le Chat qui Fume présent encore une fois, la directrice de photographie, Double Dragon... une bonne équipe !

Quand les passions charnelles peuvent être meurtries et orgasmiques.

___________________________________________

Hallucinations collectives #7

Picnic at Hanging Rock

Peter Weir, 1975


Long-métrage qui a bien dû faire flipper à l'époque. Aujourd'hui moins, mais il a su rester mystérieux, agréable à regarder et engendrer des questionnements. Des personnes disparaissent sans raison. Vous y croyez ? Le doute plane : la nature y est-elle pour quelque chose ? Ou bien quelqu'un ? Ce rocher a quand même attendu 1 million d'année l'arrivée de ces demoiselles. Le fait est que le traumatisme de ces pertes affecte tout le monde. Le côté mroal/psychologique est très présent et sûrement le plus important.

"Ca y est, je sais" "Que savez-vous ?" "Miranda est un ange de Botticeli."

Nous connaissons tous Peter Weir grâce au célèbre Cercle des Poètes Disparus, et son tout dernier Les Chemins de la Liberté. Ici, l'auteur explore un tout noubeau genre avec néanmoins une beauté et subtilité photographique irréprochable, et ce malgré la mauvaise qualité de la bande plus tout récente.

Elle savait qu'elle ne reviendrait pas.

Publié le 25 avr. 2011 par Julie Mlk