Sujet : Pastiche à Diderot

"Un style est ce qui décourage le plagiat et tente le pastiche." Robert Sabatie

 

Pastiche à la Diderot 

D'après son oeuvre Jacques le Fataliste et son Maître. Rédaction : 2008.

 

D’où est ce que je venais ? Se souvient-on d’où on vient ? Où est ce que j’allais ? Au même endroit tous les matins. Pourquoi j’y allais ? Un écrivain du XVIIIième siècle a écrit que Jacques disait que son capitaine disait que tout ce qui arrivait de bien ou de mal ici bas était écrit là haut. [Est-ce que j’aurais mon baccalauréat ? Madame, c’est écrit là haut, mais je ne peux pas encore vous le raconter. Comment se passent les cours ? Ah, ça, c’est long à raconter... Mais vous insistez, alors je vais vous le dire.]

Ce matin là, comme tous les matins, je sortais de chez moi aux alentours de sept heures. Malgré un temps frais, je ne m’étais que peu couverte. Ce fut donc, à mon habitude, une attente dans le froid. C’était écrit là haut que le bus aurait du retard, et que cette fois ci j’aurais de l’avance sur lui. Il arriva enfin et après y être entrée, alors que je n’étais pas encore assise, il démarra. De là s’enchaînèrent des faits qui me firent trouver les fesses au sol. Ma main glissa de sa prise pendant que mon prédécesseur, qui faisait quelques pas en arrière, entraîna mes pieds à reculer ; mon corps déséquilibré par la vitesse essaya de s’asseoir sur le siège le plus proche, mais la route qui n’est pas régulière me plia les jambes ; et ce qui devait arriver arriva. Comme disait le capitaine de Jacques, c’était écrit là haut. Je me suis ensuite relevée puis assise avec prudence. Cette chute n’avait pas fait fuir la fatigue qui à son habitude me fit fermer les yeux durant la suite du trajet. Lors de ces moments, l’ouïe se développe chez moi, j’entends les cris des enfants plus jeunes, et les réflexions immatures des plus grands ; jusqu’à percevoir les sifflements du chauffeur, et les éternuements des plus discrets. Ce n’était pas désagréable, mais j’attendais avec impatience l’arrivée. Une première masse de collégiens sortirent du bus dont certains craignaient de choir dans les bousculades. Le bus redémarra, et quelques minutes après j’ouvrais les yeux et sortais à mon tour, parmi des lycéens plus calmes, mais énervés de n’avoir pas encore allumés leur cigarette. 
 
 
(Je dois reconnaître que j'ai toujours aimé cet exercice de style, en arts plastiques comme dans en lettre, audiovisuel et autres.)

Publié le 21 mar. 2010 par Julie Mlk