"On ferait souvent un beau livre de ce qu'on n'a pas dit." Rivarol

Eric-Emmanuel Schmitt


Eric-Emmanuel Schmitt, au moins de nom, on le connait. Mais tout le monde sait-il réellement ce qu'il a pu faire ?
Dramaturge et romancier français, il a avoué "Ce que j'écris me dépasse". Ca me dépasse à moi aussi ! Mieux, ça me traverse. Je comprends pas comment on peut écrire des choses comme ça ! Bon, je ne me base que sur un seul bouquin en disant ça : Le sumo qui ne pouvait pas grossir. Rien que le titre... 

"Ce que j'écris me dépasse." "Ce que j'écris me dépasse." Ce qu'il écrit le dépasse ! Mais il les a bien rédigées, ces pages ! En le lisant, j'ai vraiment eu envie de le rencontrer, cet homme. De parler avec lui. Pour pouvoir "philosopher", j'entends par là dire "oui" et "non" juste après ; voir négatif puis virer au positif. Il faut avoir un p*** d'esprit, je ne trouverai pas le bon adjectif. Ce doit être génial de discuter avec lui, en imaginant que les écrits soient les reflets de leur auteur.
 
Tenez, je vous offre un extrait qui m'a bien plu, dans la forme,  l'écriture, et le thème :
 
"Car il faut vous précisez qu'à l'époque, je souffrais d'allergie. J'étais devenu intolérant à la terre entière. Y compris à moi. Un sujet captivant pour la médecine si elle s'était penchée sur mon cas : je faisais de l'allergie universelle. Rien ne m'attirait, tout me répugnait, vivre me provoquait des démangeaisons, respirer mettait mes nerfs en pelote, regarder alentour me poussait à m'éclater le cervelle contre les murs. Observer les humains me filait le nausée, suivre leur conversation couvrait me peau d'eczéma, approcher leur laideur me secouait de frissons, les fréquenter m'ôtait le souffle ; quant à les toucher, à cette seule idée, je pouvais m'évanouir. Bref, j'avais organisé mon existence en fonction de mon infirmité : adieu l'école, je n'avais pas d'amis, j'accomplissais mon commerce sans palabrer, je me nourrissais de produits fabriqués pas l'industrie alimentaire - boîte de conserve, soupes lyophilisées - en les mangeant isolé, coincé entre les planches d'un chantier, et la nuit, j'allais coucher dans des lieux déserts, souvent malodorants, tant je tenais à dormir seul.
Même penser me donnait des douleurs. Réfléchir ? Inutile. Me rappeler ? J'évitais... Prévoir ? J'évitais aussi. Je m'étais coupé du passé et de l'avenir. Ou, du moins, je tâchais... Parce que, si bazarder  ma mémoire ne m'avait pas posé de problème tant elle charriait de méchants souvenirs, il m'était plus compliqué d'arrêter de rêver des scènes plaisantes. Je me l'interdisais pourtant, sachant que j'allais morfler au réveil, quand je réaliserais que c'était impossible.

- Je vois un gros en toi. " 

Evidemment, je ne peux que vous conseiller de le lire. Dans la collection Albin Michel, il contient une centaine de pages, une police aérée avec des caractères moyens. La lecture est facile, rapide, et fait du bien à l'esprit !

R e n f e r m é s   s ' a b s t e n i r  !
Merci mère !