"Il n'y a dans la nature que du noir et du blanc." Fancisco de Goya

The Artist

Michel Hazanavicius


Le réalisateur nous propose un film muet, en noir et blanc, sur l'arrivée du parlant. Beau challenge sur le retour aux débuts du cinéma. L'arrivée du parlant... on pense au film "Singin' in the rain", Stanley Donnen. Incomparable pour autant. En opposition totale avec l'arrivée du 3D, en décalade avec l'époque actuelle, The Artist témoigne d'un acteur du cinéma muet : George Valentin (Jean Dujardin), dans un monde muet, qui se fait dépasser par l'arrivée du parlant. Il reste cloisonné dans le muet, alors que tout le monde parle autour de lui. Comment survivre ? Survivre au public, aux nouveaux acteurs, à la crise, ... En prenant en considération la forte personnalité du personnage, tout en rêvant à une histoire d'amour avec la future célèvre Peppy Miller (Bénérince Béjo).

"L'homme intérieur n'a pas de langage ; il est muet." Robert Schumann
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Les images ci-dessus, nous montre deux extraits du film. Des références sont faîtes : l'absurde, le burlesque d'une part, la photographie d'autre part (Doisneau est dans l'image de droite). La gestion du noir et blanc et des contrastes est référence même à une époque, à un certain cinéma. Le retour au muet, le passage au parlant, tout comme les répliques qui en parle, sont également référence à un cinéma passé. On pense alors aux frères Lumière et à Mélies aux tous débuts, puis Chaplin évidemment, qui a mis du temps à se mettre au parlant, en passant par Keaton.

On retrouve dans The Artist les plaisirs de ce cinéma, le noir et blanc et le muet regroupés chatouillent les sens en faisant renaître une certaine nostalgie. Nostalgie dans un monde où le numérique devient trop/très envahissant. Entre simplicité, cinéma et émotions diverses, en conservant un léger rictus au coin des lèvres, sourire signe d'un plaisir souvent insoupsonné pour ce genre de film.

Pour ce rictus enviable.