“Chaque rencontre est une incarcération.” Pierre Drachline

Frantz

François Ozon


Apparemment adapté d'un roman de Lubitsch.
Allemagne, 1919. France, 1919. Pertes humaines des deux côtés, haine de l'autre réciproque.
[Comment tuer la guerre ? Faire la guerre à la guerre n'est pas la solution.]

Saluons les deux têtes d'affiches : Paula Beer et le grand Pierre Niney. Oui, jeu d'acteur impeccable. Les mots, la justesse des dialogues, le corps qui s'exprime aussi. Elegance et beauté des échanges des acteurs.

Intervention dans une époque révolue où les ensembliers, accessoiristes et costumiers ont été remarquables.Bien sûr, époque que je n'ai pas connu, vous non plus surement. Mais bien sûr, la cission est glagrante.Extérieur comme intérieur, véhicules, villes, mode de vie. Que ce soit le tournage en Allemagne ou celui en France, tout semble d'époque. Le coût a dû être élevé pour ce dernier Ozon, mais visuellement, ça fonctionne !

Et l'image alors. Un noit et blanc simple mais efficace.Des interventions en couleur maîtrisées supperbement, avec des fondus esthétiques et une colorimétrie pastel qui sied idéalement avec les ambiances.

Les bruitage sont bons. Le son est beau. La bande originale répond à l'époque et aux émotions suscitées. /SPOIL// Petit bémol peut-être pour une exagération d'un passage dramatique qui tue le doute d'une tentative de suicide. //SPOIL/ Je me suis quand même dis que c'était fait exprès, mais je ne sais pas. Clin d'oeil aux films d'époque dans lesquels le son jouait un rôle à part entière de moteur de l'action ? Don't know. Vu la maîtrise de l'ensemble de l'oeuvre, je veux bien le croire tout de même.

Plus généralement, l'histoire est très bien traitée, on aurait pu la découper en deux actes, voire trois. A mon avis, aucune supposition ne peut être la bonne. Tous les films qu'on a pu voir peuvent parfois être prévisible, on pressent le dénouement de certaines actions. Ici, on imagine bien des scénarii alternatifs au fur et à mesure que le film avance. Je me suis loupée sur toute la ligne. Attention, je précise que je n'avais lu ni synopsis, ni vu le teaser. Peut-être que ces deux donnent des indices sur le film.

Oui, vous vous demandez peut-être pourquoi ce choix de film ? Bah, Pierre Niney est un argument assez persuasif côté choix. L'affiche, noir et blanc, sobre, simple, a aidé à achever ma décision du J'irai voir 'Frantz' ce soir.


Si je vous ai convaincu à mon tour, laissez vous tenter ;)