“Toute angoisse est imaginaire ; le réel est son antidote.” Andre Comte-Sponville

Victoria

Justine Triet


Un des dernier film que j'ai pu voir avant mon départ. Film français présentant un sympathique duo : Virginie Efira, splendide à mon goût, et le jeune Vincent Lacoste, dont son rôle dans Les Beaux Gosses (Riad Sattouf) a du mal le quitter à mon goût.

Film français, certes, mais très appréciable si vous voulez mon avis. Et vous le voulez, sinon vous ne seriez pas ici. Une comédie non sans réalisme, non sans réflexion sur sa propre condition. Ici, Victoria enchaîne les difficultés, les impasses, arrive au fond du trou sans rien voir venir. Le jeu de Virginie Efira est bien sûr superbe, lui sied à merveille. Cent situations, une juste interprétation ; merci.
Voyante, accupuncteur, alcool, rien n'y fait. Ne voyez qu'une coïncidence dans sa rencontre forfuite avec un ex-client lors d'un mariage. Mariage : obstacle déclencheur renforçant sa chute libre en enfer. Ex-client : solution miracle si l'on n'est pas aveuglée par hypocondrie de la vie.

"J'aimerai comprendre là où ça a merdé chimiquement dans ma vie." On amerait tous avoir la soluttion à cette question que tout le monde se pose au moins un jour dans sa vie ! 

 

Entre absurdité et un certain goût pour le drame, on suit la vie de cette avocate, aidé au quotidien par Sam, le fameux ex-client, squatteur au pair et éponge des erreurs de Victoria. Vision d'un message subliminal : ce qui est/ceux qui sont proches de nous sont parfois essentiel à notre vie. Encore faut-il le/les remarquer !

Premier long-métrage réussi ici pour Justine Triet, qui signe une oeuvre modeste mais sensée. Un juste cadrage, sans fioriture. Un sens de l'écriture, une maîtrise du scénario. On vit tranquillement cet instant, on en apprécie les miettes sans râler.

Un joli film, un agréable moment. Chacun y trouvera ce qu'il souhaite : un job à reconsidérer, des personnes à recontacter, apprendre à ouvrir les yeux, savoir s'entêter parfois, relativiser sur sa condition...
Un mélange d'émotions et un miroir de l'âme ; pour moi en tous cas - car aucune icône où personne à qui l'on doit vouloir ressembler. (Sauf moi peut-être, parce que j'aime cette condition. J'aime la différence, j'aime ne pas être plus que ce que je suis.)


"En fait j'ai peur de toi.
T'as le sens du drame anormalement développé."
*adore*