“Equilibre d'un amour : jolie mayonnaise schizophrène.” Nicolas Rey

Split

M. Night Shyamalan

 

Wouaw.
Oui, wouaw. Quoi ? Ca vous suffit pas ? D'accord, je poursuis.


Alors déjà, déjà : le trailer.

Ouais, d'accord, c'est vrai, il vous raconte tout.
Tout ? Peut-être pas, non.

 

Vous savez maintenant qu'il s'agit d'un kidnapping de trois adolescentes par un mec schyzoprhène (23 personnalités, ce n'est pas rien). Vous savez aussi que vous allez être dégouté quand vous allez voir la scène avec les jambes de la femme dans l'espace de la porte : vous savez déjà que ce n'est pas une femme. (J'ai été dégoutée de m'y attendre aussi.)


Par contre. Par contre... vous ne savez pas à quel point vous allez prendre votre pied. Vous ne savez pas à quel point ce trailer ne montre qu'une once de ce qui vous attend.
On retrouvera dans ce scénario quelques coups classiques pour les adeptes du genre, mais aussi de belles surprises. Car rien n'est réellement prédictible. En tous cas, on ne peut pas s'attendre à tout, tout de suite. Et le temps qu'on puisse penser à ce que quelque chose puisse arriver... l'action est déjà là.
De ce point de vue, c'est bon !


Ensuite côté cadrage, je dis juste chapeau. Quand les premiers gros plans sur la gueule des acteurs ont fait leur apparition à l'écran, je me suis dis que ça sentait pas bon pour mon jugement final. Finalement, j'ai trouvé ces choix judicieux, et tempérés. La maîtrise de l'image est belle. Les plans sont justement posés et le montage est assez intelligent pour ne pas déranger et même plus : on se laisse transporter sans rechigner.
Les couleurs sont belles, la lumière aussi, avec des jeux de tons (et de cadre) fleurtant avec le film d'horreur. Clins d'oeils à d'autres films de genre dans plusieurs scènes, notamment vers la fin du film ; je suis prête à échanger là dessus, vous me direz ce que vous en pensez. (J'attends sa sortie en France fin février pour qu'on en discute !)


Enfin, un jeu d'acteur impeccable. Quoi, jouer plusieurs personnages dans un même rôle, jouer avec ces personnalités, tout en étant crédible ? James McAvoy l'a fait ! 
Non, il ne joue pas toutes les personnalités dont on entend parler dans le film. On en voit certaines que brièvement, d'autres pas du tout, 5 sont réellement interprétées et maîtrisées avec succès. Autant on peut les reconnaître comme on différencierait deux personnes, autant les quelques passages en direct de l'un à l'autre sont bluffantes.
Bien sûr, un mot rapide sur les autres acteurs : l'adolescente renfermée et la psychologue sont bons. Leurs histoires est bien intégrée au reste du film. Les révélations sont modérées et parsemées tout au long et ajoute à la compréhension générale du scénario et du jeu. Les deux autres ado sont pas mauvaises ; elles n'ont rien d'exceptionnel ou de réellement remarquable d'après moi. On croirait que leur personnage ne sert à rien, puis on comprend le choix de leur intégration dans le film ; je ne spoile pas, la raison est clairement énoncée par le personnage principal.


Note brève sur les autres aspects du film : bravo pour les costumes, pour les décors et accessoires. Tout semble maîtrisé ici aussi pour coller à la caractérisation des personnages et à la cohérence générale du film.
Ah, et le film est quasiment tourné en huit clos. Bien sûr, tout comme vous savez maintenant quel genre de film m'attire, vous savez que j'ai une curiosité pour ces films en huit clos qui me permettent d'aiguiser mes avis critiques ! 

 

Comment terminer autrement qu'en disant : pour moi, Shyamalan signe ici une oeuvre de maître. Merci pour cet univers, pour cette pause dans le temps, pour cette qualité de direction.