“Le suicide n'est pas un acte. On est saisi par le suicide comme par un vertige, on subit le suicide.” Jean-Guy Rens

BLINKERED

Sole Purpose Productions (Derry Londonderry, Northern Ireland)

 

Je me rends compte que je n'avais pas de catégorie "Théâtre". Cet article ira dans la case "Sur scène". Finalement, ce n'est pas si faux. 


Après que tout le monde ce soit installé aux premiers rangs, j'ai pris place un peu en hauteur. Là, écoutant le message de sécurité d'avante le spectacle, on peut déjà voir le plateau : intérieur de maison divisé en deux : une chambre avec une porte à jardin, un salon à cour, un couloir entre les deux (donnant sur la porte de la chambre).

Une femme, productrice du spectacle, explique queça va durer une heure, puis entracte de 10 minutes (nécessaires) puis un workshop.

Là, j'espère juste avoir assez d'anglais pour tout piger...


NOIR

Je savais que ce serait triste. Je m'imaginais pas être touchée à ce point.
Après un bref aperçu des 4 membres d'une famille, heureuse famille malgré les parents qui bossent beaucoup et la mère (infirmière) en décalée. La soeur bosse aussi ; le frère a un petit job et rêve d'être musicien, toujours accompagné de sa guitare. Il se fait tanner par sa grande soeur à ce sujet, alors que son père s'inquiète que son fils n'ait pas un vrai emploi.
Du classique quoi.

Enfin, en apparence. Dès qu'il se retrouve seul, Ryan tombe son masque. Il se sent seul, voit noir partout, n'arrive pas à rester en couple, picole avec des potes dont il ne se sent pas si proche. Dur. Quand on vit dans cette obscurité, qu'on n'en parle pas, qu'on s'enfonce petit à petit dans ces émotions sombres de mal être, on ne voit plus lebout du tunnel, on ne voit plus d'issue. 
On se questionne : il paraît que les enfants absorbent les non-dits des parents. Son grand-pèrepaternel a connu a guerre et n'en a jamais parlé, il est décédé il y a trois ans. La soeur de sa mère s'est tuée en voiture alors qu'il était bébé, aucune discussion dans la famille a ce sujet non plus.

Le manque de communication n'aide pas à ouvrir l'échange sur son mal être. Lorsqu'on garde trop longtemps la tête sous l'eau, on se noit.

"Sound of silence" et quelques autres signes inhabituels d'affection un jour. Le soir, Ryan se suicide.

Le public se sent tellement impuissant. On le sent venir uniquement parce qu'on le voit seul parofis. On a envie de la crier à la famille : non, il ne va pas bien  Il peut dire que tout va, tout ne va pas. Mais non, c'est trop tard.

Vient ensuite le plus dur : l'après suicide. avec les questions, les reflexions, la tristesse. Les différentes façon de gérer la perte d'un être cher, si jeune, si inattendue. C'est le pire. La culpabilité, l'incompréhension, et perdre toute envie de vivre ; comment vivre après une perte si grande et dénuée de sens.

ENTRACTE

Après plusieurs larmes, des reniflements dans la salle, et de nombreux applaudissement, la salle se vide lentement pour une courte pause. 
De retour 10 minutes plus tard, une personne travaillant auprès de personne aux tendances suicidaires est présentée, les acteurs sont de retour sur scène, et voici le temps d'échanges : qu'est ce qui pourrait être changé dans le scénario pour empêcher le drame ? A chaque proposition faîte par le public, les comédiens prennent place et modifient le script. Ensuite, la psy (appelons là ainsi) donne son avis, témoignage.

C'était très bien. Bon moment. Bonne sensibilisation. 
Je ne connais pas les pourcentages en France, mais c'est apparemment plutôt commun en Irlande. Le thème du suicide et la sensi qui suit est pour sûr valable ici (République d'Irlande et Irlande du Nord).