"Quelle musique, le silence !" Jean Anouilh

Camille et Julie Berthollet

Au théâtre d'Angoulême
Dans le cadre de Piano en Valois
Le 15.10.19

 

Ouais, la citation de nom d'article en dit beaucoup non ? Dans le but de vous préparer au pire.

J'avais écrit ces quelques mots en prélude à l'article sur Aldo Lopez-Gavilan qui m'a entièrement séduite, je dirais même comblée. Le but de l'écrit qui suit sur les soeurs Berthollet était de proposer une entrée en matière contrastée. Oui, le concert de ces deux soeurs m'a clairement pas satisfaite. Je vous laisse de suite découvrir mon pauvre avis.

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Parler d'un moment où j'ai plus ri qu'étais conquise, c'est pas trop mon truc. Je vais quand même glisser un mot sur leur concert. Ce sera sûrement bref. Pas grand chose à dire de toute façon.


Ce duo de soeurs donc, musiciennes, est impressionnant par la technique dont elles font preuve sur leurs instruments. Pour nous en mettre plein la vue et les oreilles, les arrangements sont accélérés bien plus que de normale ce qui en dessert fortement à mon goût les oeuvre originales. De plus, elles sont pour la plupart tronquées, on se demande pourquoi. (Ca permet de passer plus rapidement à la suivante si on n'aime pas, c'est pas plus mal me direz vous...)

Le piano qui pourtant a une place importante dans ce concert (qui plus est dans le cadre aussi de "Piano en Valois"), est mit à l'écart, à l'ombre du duo. On retient à peine le nom de l'artiste qui a malgré tout droit à une petite paire de quelques minutes solo sur rythme de jazz bien sympa. 
Un décalage jusqu'au bout du bout puisque même lors des saluts les soeurs se mettent en avant avec une accolade, le pianiste est seul de côté (sauf au tout dernier salut, ok). Je parlerai même pas du tourneur de page intervenu dans un des morceaux finaux et présent un bon quart d'heure si ce n'est plus au plateau, qui n'est même remercié.


Bilan pour moi : outre une célébrité déjà bien ancrée dans leur démarche et dans leurs chevilles (il faut le dire !), les soeurs Berthollet font preuve tant de technique que de superficialité.


Revenons aux détails : l'une est vêtue d'une jupe en pseudo cuir rigide, l'autre d'une combishort dorée brillante, les deux très courts et pas valorisants. Quand on lit qu'elles sont fans de mode, on a de quoi se poser des questions.
Ajoutez à cela :
- une immaturité aparente dans les blabla entre les  morceaux ("ça fait trop plaisir !")
- une mise en scène faible, avec va et vient de la violoniste, mouvements un peu trops saccadés, regards complices amusés dont on se demande si ce n'est pas exagéré
- un jeu d'émotions exacerbées qui sonnent clairement faux.


Le seul "positif" à l'oreille (et non à la vue, pour les raisons déjà exprimées ci-dessus) est leur entrée en matière par deux saisons de Vivaldi (je pense l'automne et l'hiver, mais suis pas calée en musique classique pour en être sûre). Les deux étaient alors au violon, et le pianiste en accompagnement encore. Un beau moment.
Après, c'est la décadence, entre reprise de classiques qui se font un peu défigurer, de chanson française soit disant hommage (Halliday et Aznavour) mais pas ouf du tout, et série (Game Of Thrones). Le tout pour moi : facile, évident, commercial. Voilà voilà.


Etait ce dû a leur 11h de vol de retour de je ne sais où ? A leur âge adulescent - 19 et 21 ans ? En tout cas, j'oublierai rapidement cette performance scénique qui n'a eu d'intéressant que la qualité technique pure.


Bien sûr, ce n'est que mon avis.

 

Ne payez pas pour ça.