"Un piano doit être ami, c'est à dire un confident qui essuie nos rages." Felix Leclerc

Aldo Lopez-Gavilan

Concert au Théâtre d'Angoulême
dans le cadre de Piano en Valois
Le 17.10.2019

 

Comment entamer un écrit à chaud sur cet artiste cubain ? No lo se.


Essayons de mettre ce concert dans ma vie dans son contexte. Non, ça ne me serait pas naturellement venu à l'idée d'aller voir un concert de piano. Encore moins sans connaître l'artiste. Ni sans connaître les musiques qu'il va interpréter. C'est ce mix "jazz", "classique", "tradition cubaine" dans le pitch du programme qui m'a rendu curieuse. Programme d'un théâtre que je n'aurais jamais lu si je n'avais pas été 10 jours à Angoulême pour le boulot. Et concert auquel je n'aurais jamais assisté si une programmation théâtre avait été proposée en parallèle. Comme quoi, le hasard parfois ... me fait encore écrire ici !


J'aurais déjà pu écrire au sujet des soeurs Berthollet vues il y a deux jours : violoniste et violoncelliste accompagnées d'un pianiste. Mais parler d'un moment où j'ai plus ri (pas très gentil) ou été bien deçue, c'est pas trop mon truc.
Bon, à la première écriture de cet article, j'avais parlé ici même en introduction de ce duo. Finalement, je me dis que je vais en faire un biller à part entière parce que ça risquerait de desservir l'artiste que je souhaite valoriser au contraire. Le lien vers l'article des soeurs : ICI.

 

Vous l'avez vu ? C'aurait été une entame très négative vous trouvez pas ?
Je les place en totale opposition avec la prestation d'Aldo Lopez-Gavilan. Ce jeune pianiste cubain est en effet incroyable et n'a de commun avec ma précédente critique que la magnifique technique dévoilée.


Aldo nous propose principalement ses propres compositions dont le jazz et les influences cubaines sont intrinsèques au jeu. Concernant ses 2-3 reprises, elles sont présentées sur ces mêmes caractéristiques propres à l'artiste : arrangements des thèmes; sublimés par son écriture personnelle. 
Une sensibilité forte, un mélange de rythmes, de forte/piano, d'aigüs et graves ; le tout dans une même partition. Ces opposés se croisent et se supperposent de manière surprenante et bluffante pour notre plus grand plaisir.
Une impression de facilité dans le jeu assez folle (d'où la valorisation de sa technique entre autre). Il vit clairement ses morceaux. Concentration et sincérité dans sa présence au piano. Ecrits sur ses filles, à sa femme, sur l'Amazonie, la mer, un dragon, à son premier enseignant de musique... ses petits mots et ses remerciements au public réguliers pendant toute la soirée étaient beaux, humbles, appréciables.


La plupart des morceaux de la soirée d'hier étaient issus de son dernier album Playground, sorti l'avant veille, et semblerait-il enregistré à Angoulême. Presqu'un retour aux sources, un passage obligé.
 

Rhapsody in Blue at Lincoln Theater
Rhapsody in Blue at Lincoln Theater


En bref, une soirée brillante pour moi. Un coup de coeur sincère pour cet artiste qui nous livre son âme avec légèreté et force, qualités musicales flagrantes et présence innoubliable.



Merci Aldo. Merci.
Vivre ce moment m'a réchauffé le coeur, enjoué les oreilles, apaisé l'esprit. J'en ressors posée, rêveuse, joyeuse, pleine d'espoir. Malgré mon envie d'une soirée qui aurait pu durer encore, et encore. Encore. Et encore.
Même de loin, je revois tes mains courir sur ce clavier. Tu paraissais tellement grand malgré mon siège reculé au fin fond de la salle, malgré cet immense et magnifique instrument devant toi. Ou c'est moi qui me sentais minuscule face à tant de virtuosité ? Non. Parce que tu m'as aussi fais me sentir grandir au fil de la soirée. Portée par cet imposant piano à queue, vibrant au doigté ultra maîtrisé, aux rythmes surprenants, à la pédale tantôt tenue tantôt libérée avec précision, de notes justes et au juste moment, d'un artiste à la simplicité enviée, dans un costume sobre, humain, accessible

.
Une soirée qui aurait pu s'éterniser, bien plus que je ne fais déjà durer cet article et ces encensements. Mon moyen de faire se poursuivre mon plaisir, l'âme encore pleine d'images et la tête pleine de mélodies rythmées.


Merci.